Le taux d'absentéisme dans les entreprises françaises atteint 4,68 % en 2025, un nouveau record. Les ouvriers affichent un taux de 6,52 %, contre 2,52 % pour les cadres. Pour les artisans et salariés du bâtiment, ce chiffre pèse directement sur les chantiers et l'organisation des équipes.
Le taux d'absentéisme franchit un nouveau seuil en 2025
Selon l'observatoire d'Apicil, groupe de protection sociale, en collaboration avec le cabinet JLO, le taux d'absentéisme dans les entreprises françaises a atteint 4,68 % en 2025. C'est 0,27 point de plus qu'en 2024, et ce chiffre dépasse le précédent record de 2022.
La hausse vient surtout des arrêts de plus de 90 jours, qui représentent désormais plus de la moitié du taux d'absentéisme total. Les arrêts de plus de 30 jours pèsent, eux, pour plus de 73 % du total, avec 42,75 % liés à des troubles psychiques et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques, ces derniers touchant particulièrement les métiers physiques comme le bâtiment.
Autre tendance : le micro-absentéisme, les arrêts de moins de trois jours, progresse en continu. Il concerne désormais près d'un arrêt sur quatre, ceux-là mêmes que le Medef propose de ne plus rembourser.
Les ouvriers affichent le taux le plus élevé, loin devant les cadres
Le chiffre qui doit retenir l'attention des artisans et salariés manuels : les ouvriers ont un taux d'absentéisme de 6,52 %, contre 2,52 % pour les cadres. C'est plus du double. Si le secteur du bâtiment n'est pas cité nommément dans les chiffres publiés, il emploie une large part de cette population ouvrière la plus exposée.
D'autres catégories aggravent le tableau pour certains profils du secteur : les seniors atteignent 5,92 % contre 3,54 % pour les moins de 30 ans, et les salariés en CDI 4,97 % contre 1,99 % pour les CDD. Un ouvrier senior en CDI cumule donc plusieurs facteurs de risque statistique d'absence.
Sur l'année, 27,68 % des salariés ont eu au moins un arrêt de travail, en hausse de 0,70 point, avec en moyenne 1,90 arrêt par salarié absent.
Les troubles musculosquelettiques, un risque concret pour les métiers manuels
Les troubles musculosquelettiques représentent 30,54 % des arrêts de plus de 30 jours. Ce type de blessure, liée aux gestes répétitifs, aux ports de charges et aux postures contraignantes, concerne directement les métiers du bâtiment et de l'artisanat.
La durée moyenne globale des arrêts recule néanmoins à 19,45 jours, soit 0,40 jour de moins qu'en 2024. Un signal en apparence positif, mais qui coexiste avec la progression des arrêts très longs, ce qui montre une polarisation : des absences courtes plus fréquentes d'un côté, des absences très longues plus lourdes de l'autre.
- Maladie : 90,03 % des arrêts, le motif largement dominant
- Temps partiel thérapeutique : 4,57 % des arrêts, en progression de 32 % en proportion
- Accident du travail : 4,41 % des arrêts, avec une durée moyenne en baisse à 8,16 jours
La santé, l'alimentaire et l'agricole devant les autres secteurs
Parmi les secteurs mesurés par l'observatoire, la santé reste le plus touché avec un taux de 7,22 %, devant l'économie sociale à 6,28 % et la filière alimentaire et agricole à 5,95 %. Ces trois secteurs partagent avec le bâtiment une forte proportion de travail physique et de personnel non cadre.
Le sexe joue aussi un rôle : les femmes affichent un taux de 5,60 % contre 3,76 % pour les hommes, un écart à mettre en regard avec la proportion encore faible de femmes dans les métiers manuels du bâtiment.
Pour un artisan employeur, ces chiffres traduisent un risque de gestion concret : plus l'équipe compte d'ouvriers seniors en CDI, plus la probabilité statistique d'arrêts longs augmente, avec un impact direct sur les délais de chantier, ce qui renvoie aussi à la question des métiers manuels les mieux rémunérés.
Vos questions
Quel est le taux d'absentéisme en France en 2025 ?
Il atteint 4,68 % selon l'observatoire Apicil, en hausse de 0,27 point par rapport à 2024. C'est un nouveau record, au-delà du seuil atteint en 2022.
Les ouvriers sont-ils plus touchés que les autres salariés ?
Oui, leur taux d'absentéisme est de 6,52 %, contre 2,52 % pour les cadres, soit plus du double. Les seniors et les salariés en CDI sont aussi plus exposés que les jeunes et les CDD.
Quelles sont les principales causes des arrêts de travail longs ?
Les arrêts de plus de 30 jours représentent plus de 73 % du taux d'absentéisme total. Parmi eux, 42,75 % sont liés à des troubles psychiques et 30,54 % à des troubles musculosquelettiques, fréquents dans les métiers physiques.
Sources : 20 Minutes.
Auteur de ce guide
Maëlig VaucoretRédacteur spécialisé en artisanat et compagnonnage
Rédacteur de compagnonnage.fr consacré aux métiers manuels, aux parcours CAP, BP et CFA, et à la tradition compagnonnique.
Supervision éditoriale : la rédaction de Compagnonnage.fr
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