Le salaire mensuel de base progresse de 2 % sur un an au deuxième trimestre 2026, plus vite que l'inflation à 1,7 %. Mais tout le monde n'en profite pas pareil : les employés tirent la hausse, les cadres restent à la traîne et en font désormais leur priorité numéro un.
Votre salaire de base augmente plus vite que les prix
C'est la Dares, le service statistique du ministère du Travail, qui l'annonce : le salaire mensuel de base (SMB) dans le privé a progressé de 2 % sur un an au deuxième trimestre 2026 (salaire d'un tailleur de pierre). Sur la même période, l'inflation a atteint 1,7 % entre juin 2025 et juin 2026. Concrètement, votre pouvoir d'achat au travail progresse un peu, pour la première fois depuis longtemps de façon nette.
Ce chiffre du SMB ne compte ni les primes ni les heures supplémentaires ni aucun autre élément variable. C'est le socle fixe de votre fiche de paie, celui qui sert de base à tout le reste. Au premier trimestre 2026, la hausse n'était que de 1,7 %, exactement au niveau de l'inflation. La tendance s'accélère donc.
Sur un trimestre, entre le premier et le deuxième trimestre 2026, le SMB progresse de 0,7 %. Il faut remonter au troisième trimestre 2021 pour retrouver une période où les salaires augmentaient moins vite que les prix, une situation qui a duré jusqu'au troisième trimestre 2023.
Les employés et les ouvriers décrochent les meilleures hausses
Tout le monde ne profite pas de la même façon de cette progression. Sur le deuxième trimestre 2026, la hausse du SMB est plus marquée pour les employés, avec 1 %, que pour les autres catégories.
- Employés : + 1 %
- Ouvriers : + 0,8 %
- Cadres : + 0,6 %
- Professions intermédiaires : + 0,5 %
Autre indicateur qui confirme cette tendance : l'indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) grimpe de 2,1 % sur un an au deuxième trimestre. Si vous êtes ouvrier ou employé dans l'artisanat ou le bâtiment, votre feuille de paie progresse donc plus vite que celle d'un cadre, une situation inhabituelle qui s'installe.
Le salaire redevient l'obsession numéro un des cadres
Une étude de l'institut Viavoice pour l'Union générale des cadres de la CGT, publiée le 24 septembre, le confirme : pour la première fois depuis dix ans, le salaire est devenu l'une des toutes premières priorités citées par les cadres. Avant, c'était l'équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle qui arrivait en tête, loin devant la rémunération.
Aujourd'hui, 70 % des cadres font du salaire leur préoccupation numéro un. La raison : moins d'un cadre sur deux a obtenu une hausse de son salaire fixe ces dernières années. Il y a surtout eu des primes ou des augmentations individuelles ponctuelles, qui n'ont souvent pas suffi à rattraper l'inflation. Pendant ce temps, le Smic a été revalorisé automatiquement à plusieurs reprises pour suivre les prix, un mécanisme dont les cadres ne bénéficient pas.
Selon l'Apec, la rémunération médiane des cadres tourne pourtant autour de 55 000 euros bruts par an. Mais un cadre sur deux estime aujourd'hui que sa paie ne reflète plus du tout son implication ni les responsabilités qu'on lui demande.
Ce que ce mécontentement change pour les employeurs
Heures supplémentaires non comptabilisées, charge mentale, travail le soir ou le week-end avec le télétravail : ce sentiment d'effort non récompensé nourrit une vraie rancœur chez les cadres. Et pour obtenir une hausse réelle, la solution la plus efficace reste souvent de changer d'entreprise.
Pour les employeurs, deux risques se dessinent. Le premier, c'est la fuite des talents vers des postes mieux payés ailleurs. Le second, plus silencieux, c'est la résignation : des cadres qui restent en poste tout en ruminant leur frustration, ce qui se traduit par du désengagement. Si vous êtes cadre et que vous hésitez à négocier ou à partir, sachez que vous n'êtes pas isolé : c'est devenu la préoccupation majoritaire de votre catégorie.
Vos questions
Le salaire augmente-t-il vraiment plus vite que l'inflation en 2026 ?
Oui, au deuxième trimestre 2026, le salaire mensuel de base dans le privé progresse de 2 % sur un an, contre 1,7 % pour l'inflation entre juin 2025 et juin 2026, selon la Dares.
Pourquoi les cadres se sentent-ils moins bien payés que les autres ?
Leur salaire fixe augmente moins vite, seulement 0,6 % au deuxième trimestre, contre jusqu'à 1 % pour les employés. Moins d'un cadre sur deux a obtenu une hausse de son salaire fixe ces dernières années, compensée surtout par des primes ponctuelles.
Que peuvent faire les cadres pour obtenir une vraie augmentation ?
Selon l'étude Viavoice pour la CGT cadres, la mobilité, c'est à dire changer d'entreprise, reste la solution la plus efficace pour décrocher une hausse significative, la négociation interne aboutissant rarement sur le salaire fixe.
Sources : 20 Minutes, franceinfo.

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